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Homéopathie : De l'art de bien prescrire

J'hésite depuis l'ouverture de ce site (6 ans déjà !) à écrire sur l'homéopathie, cette thérapeutique étant tellement controversée, en parler est toujours synonyme de débats houleux que je préfère éviter. Mais depuis quelques semaines je lis pas mal d'articles sur la toile concernant des drames dont la cause est l’absence de recours aux traitements allopathiques (en tout cas c'est ce qui est mis en avant par les journalistes), je ne suis pas sûr que la cause soit réellement la thérapeutique...


Les études cliniques

Je voudrai commencer ce billet par un rapide retour sur le fonctionnement des études cliniques. En version simplifiée, on réparti des malades en deux groupes, au premier on donne un placebo (un "médicament" ne contenant pas de substance active) au second on donne le médicament à tester. On conclut sur l'efficacité du médicament si le taux de personnes soignées dans le groupe ayant pris le vrai médicament est supérieur au groupe ayant pris le placebo... On peut déjà conclure quelque chose d'intéressant
S’il faut que le médicament testé ait un effet supérieur à l'effet placebo, cela signifie que le placebo à un effet positif en lui-même (mais ça tout le monde le sait)
Les études sont réalisées en double aveugle, ce qui signifie que ni le patient, ni le médecin ne sait qui a le "vrai" médicament et qui a le "faux". Pourquoi est-ce nécessaire ? Parce que l'effet d'un médicament est modifié selon la manière dont il est prescrit ! Pour la faire courte, plus le patient sera persuadé que le médicament est efficace plus le médicament à des chances d'être efficace...

Donc avec ce principe d'essais cliniques, on prouve que la molécule testée est plus efficace qu'un placebo, tous deux dispensés de manière équivalente.

La médecine occidentale actuelle

Pour continuer à planter le décor, attardons-nous quelques minutes sur le fonctionnement de la médecine occidentale actuelle.
1.     Je suis malade
2.     Je vais chez le médecin
3.     La consultation dure 5 minutes et je repars avec mon ordonnance
4.     La dispensation dure 5 minutes et je repars avec mon médicament et les mises en gardes quant à sa prise (au mieux...)

On voit bien qu'il y a une totale continuité entre les études cliniques et la médecine occidentale sauf qu'il n'y a plus qu'un aveugle, c'est le patient... Peu (ou pas) d'explications sur le traitement, d'intérêt porté au malade... Parfait car dans ce cadre mieux vaut effectivement prendre le vrai médicament, on aura au moins l'effet thérapeutique de la molécule en présence !

Mais le problème c'est qu'en fonctionnant comme ça on "gave" les patients de médicaments et qu'a un moment on ne sait plus bien si c'est la molécule qui fonctionne ou que l'habitude du comprimé est tellement forte que le patient est convaincu que c'est la prise de celui-ci qui fait qu'il va bien !
Je pense toujours à l'exemple des petites mamies qui partent avec leurs 12 boîtes d'antalgiques parce que c'est trois fois par jour et qu'elles ont l'habitude comme ça (pour rappel on prend un antalgique quand on a mal, pas par habitude !)
 Et j'ai un scoop ! Les médicaments ont des effets secondaires ! Et même des graves !

Et l'homéopathie dans tout ça...

L'homéopathie a un avantage non négligeable, elle ne possède pas d'effets secondaires (oui parce qu'elle ne possède pas grand-chose vous me diriez... Et je pense que vous auriez raison). Mais avez-vous déjà été chez un médecin homéopathe ? Il passe beaucoup plus de temps avec le patient, du fait même de la complexité de cette thérapeutique. Chaque traitement est extrêmement précis en fonctions de symptômes cliniques et/ou psychologiques (je ne parle même pas des unicistes...). Et puis c'est un truc super complexe. Les noms sont en latins, il existe une unité de dilution particulière (le CH) qui est inversement proportionnelle au taux de dilution... Et plein d'autre choses qui font qu'on veut y croire ! Et tant mieux. Car tous ces petits "trucs" majorent l'effet du médicament (placebo ou non).

Le consensus ?

Et si, du coup, on trouvait un consensus (entre les détracteurs virulents et les aficionados) ? Il est effectivement probable que l'homéopathie n'ai pas plus d'effet qu'un placebo dans le cadre d'une étude clinique randomisée en double aveugle. Ok, par contre il est prouvé que la suggestion à un rôle important à jouer dans l'effet d'un médicament et de par son mode de prescription l'homéopathie est plus sujette à induire une suggestion d'efficacité au patient. Et l'homéopathie n'a pas d'effets secondaires donc partant de là, si elle peut soulager des patients c'est parfait non ?

Par contre chaque médicament doit être pris avec discernement et chaque abus entraîne un risque pour la vie du patient, là je suis tout à fait d'accord avec les arguments des détracteurs de l'homéopathie qui mettent en garde contre son utilisation excessive face à des pathologies dont le traitement allopathique est nécessaire, cependant c'est une question d'éducation et d'information. Aux professionnels de santé de bien expliquer (objectivement) les bienfaits et les méfaits de chaque thérapeutique.

Pour reboucler avec l'introduction, les causes des drames en rapport avec l'automédication et/ou son absence n'est peut-être finalement qu'une problématique liée à l'information du patient sans lien avec la thérapeutique.
Homéopathie : De l'art de bien prescrire Homéopathie : De l'art de bien prescrire Reviewed by R. Segare on octobre 28, 2017 Rating: 5

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